Voir et ne pas être vu

Manger, boire, dormir, des mots simples, vitaux. Pourtant, aujourd’hui ils ne résonnent plus dans les oreilles. Ils ne chantent plus le bien-être de l’être. Ils dansent sur des sons négatifs. Ils se meurent sous les balles des guerres. Ils trépignent dans l’obscurité de l’estomac qui crie famine. 

Des mots simples qui survivent à la vie. J’ai soif de liberté ! Est-ce la liberté de mourir déshydraté ? J’ai faim de santé ! Est-ce la forme de mourir par manque d’énergie ? Je n’ai plus de rêves pour dormir. Je ne fais que des cauchemars jour et nuit. Je ne sais plus recevoir les rêves. Je ne sais plus ce qu’est le silence de la nuit. Je ne sais plus entendre la nature. Je ne sais qu’écouter la mort qui chante sous la valse des balles. Je suis là, je suis encore là, mais pourquoi ? Une vie, une survie ! être éphémère dans un monde sans monde. Je suis là. J’essaie de respirer l’oxygène de la vie, mais je ne ressens que l’air démoniaque de la mort. 

Je meurs. Ma flamme diminue à cause de l’ignorance, à cause de l’hypocrisie. Je me tue pour ne pas souffrir davantage. Je ne dis rien, invisible dans la rue. Je fais partie du mobilier urbain. Je vous vois passer à côté de moi, mais vous ne me voyez pas mourir de chagrin. Car le plus terrible pour moi, n’est pas la faim, ni la soif, ni les balles qui sifflent au plus profond de moi.

C’est vraiment plus ancré encore que votre ignorance. C’est d’être dans la solitude, ma solitude. Pourtant j’aimerais tant la partager avec vous. Je ne suis pas égoïste, je ne suis pas un monstre. Je ne suis que l’ombre de moi-même. Laissez-moi vous parler, laissez-moi vous regarder, laissez-moi vous dessiner une rencontre, un échange, un sourire. Je ne veux pas vous déranger. 

Je suis assis là par terre, jambes croisées. J’observe la vie, ma réalité télé. J’aimerais tant avoir des souvenirs magnifiques à partager et à raconter. Il me marchent dessus sans un regard. Il devraient tourner un film car ils ont déjà l’âme d’être acteurs. 

Je ne veux pas vous déranger. Je vous laisse. Excusez-moi d’avoir perturbé votre temps. Laissez-moi le temps de vous dire merci. Je vais reposer la souffrance de mes maux. 

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2 commentaires pour Voir et ne pas être vu

  1. Souchon, si je ne me trompe chantait quelque chose de joli sur le fait d’être assis par terre …

    Let’s sing, not sink.

    Aimé par 2 people

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