C’est pas ma faute à moi

Je suis le diable qui perturbe tes pensées quand tu écris. Je te suis depuis ton premier banc d’école, la règle au bout de tes doigts pour te rappeler ma présence. Petite ou énorme, tu me guettes, en relisant sans cesse. Mais je rode sur tes écris. Tu ne me vois pas de suite, voire jamais. Je suis discrète à ton œil. Je te coûte des points et j’en rigole. C’est la source première de mes rires.

Pour d’autres, je deviens un martyr. On me gomme, on me rature, on me rajoute, on m’enlève. On essaye de m’éviter, mais je suis tenace. Je veille à m’incruster dans tes phrases et j’y arrive sans peine des fois, car tu es moins attentif, peut-être fatigué de me chercher. Je ne prends jamais de vacances car même là, je suis présente. Je voyage dans tes cartes postales. Pourtant je prends naissance souvent dans une étourderie. Mais je vis grâce à toi.

De nos jours, je meurs par la faute des correcteurs. Faute de mieux, je m’éclipse doucement des textes. Je suis triste car il n’y a que les écrits qui restent, les paroles, quant à elle, s’envolent. Je ne suis qu’une faute d’orthographe qui invite ses copines à prendre un bain de lettres, à la piscine du grand texte, pour le grand tournoi de la dictée.

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